Né en banlieue parisienne en 1943, Jean-Jacques Annaud se passionne très jeune pour la photographie et le cinéma. Diplômé de l’école Louis Lumière, de la FEMIS et de la Sorbonne, il débute sa carrière à 20 ans en réalisant des films publicitaires. Une décennie plus tard et devenu un incontournable du genre, il en aura signé des centaines, dont certains marqueront les époques avec brio.

En 1976, Jean-Jacques Annaud réalise son premier long-métrage : La Victoire en Chantant, un pamphlet anticolonialiste couronné par l’Oscar du Meilleur Film Étranger aux États-Unis sous le nom Black and White in Color. En 1978, il dirige Patrick Dewaere dans Coup de tête, une satire au vitriol des milieux du foot de province, devenue culte par la suite. Trois ans plus tard, une épopée située à l’aube de l’humanité, La Guerre du feu, consacre Jean-Jacques Annaud sur le plan international et pose la première pierre d’un cinéma de défi où s’entrecroiseront les thématiques récurrentes de son oeuvre : l’anthropologie, la nature, la littérature et l’animalité. En 1986, il dirige Sean Connery à travers le labyrinthe du monastère-bibliothèque du Nom de la rose, d’après le roman éponyme d’Umberto Eco. Trois ans plus tard, Annaud triomphe en adoptant le point de vue de L’Ours, hymne à l’environnement qui lui vaut des louanges internationales.

Après l’adaptation de L’Amant en 1992, roman autobiographique de Marguerite Duras où il explore la découverte de la sexualité d’une jeune fille dans l’Indochine coloniale, Jean-Jacques Annaud fait sensation en 1996 en réalisant un moyen-métrage expérimental : Guillaumet (Les ailes du courage) constitue le tout premier film de fiction réalisé en relief utilisant la technologie IMAX 3D.

Approfondissant sa fascination pour l’Extrême-Orient, Jean-Jacques Annaud part ensuite aux confins himalayens avec Brad Pitt pour mettre en scène Sept ans au Tibet en 1996. Quatre ans plus tard, il réunit Jude Law et Ed Harris afin de faire revivre le duel de deux snipers pendant l’enfer de la célèbre bataille de Stalingrad. En 2004, dans les ruines des temples d’Angkor, il retrouve alors l’Asie pour évoquer au travers de Deux Frères, l’incroyable destin de deux tigres jumeaux séparés à la naissance. En 2007, il se replonge dans la Grèce antique par le biais d’une fable intitulée Sa Majesté Minor, avant de s’intéresser en 2011 à l’Arabie de la fin des années trente en dirigeant Antonio Banderas dans Or Noir.

En 2015, il adapte un phénomène littéraire chinois qui évoque les débuts de la Révolution Culturelle en Mongolie Intérieure. Hymne à la préservation des espaces naturels et ses espèces sauvages, Le Dernier Loup est couronné du Prix des Cent Fleurs et du Coq d’Or (les récompenses cinématographiques les plus prestigieuses en Chine) et d’une dizaine d’autres trophées à travers le monde. En 2018, il présente en ouverture du premier festival européen dédié aux séries télévisées à Cannes, La vérité sur l’affaire Harry Québert, adaptation du best-seller de Joël Dicker, dont il signe la réalisation en dix épisodes pour le petit écran.

Grand Prix du Cinéma de l’Académie Française, Chevalier de l’Ordre national du Mérite, Commandeur de l’Ordre des Arts et Lettres, Jean-Jacques Annaud est membre du prestigieux Institut de France (discours inaugural). Lauréat de la Médaille Charlemagne pour les Médias Européens (Karlsmedaille für die europäischen Medien), le cinéaste a été très souvent récompensé au cours des cinq dernières décennies et honoré de cinq Césars en France : Meilleur Réalisateur (La Guerre du FeuL’Ours 1988), Meilleur film (La Guerre du Feu, 1981), Meilleur Film Publicitaire (Hertz, 1985) et Meilleur film étranger (Le Nom de la Rose, 1986). Plusieurs ouvrages ont été consacrés à la carrière de Jean-Jacques Annaud qui fait à ce jour parti des rares cinéastes français reconnus dans le monde entier.

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