Le film de Jean-Jacques Annaud bénéficie du formidable réseau de salles dont le pays est désormais doté, faisant de la Chine le deuxième marché du cinéma derrière les Etats-Unis.

-> Un parc de salles dantesque, des recettes en constante expansion depuis 2010

Avec 5400 nouvelles salles ouvertes en 2014, portant le nombre d’écrans à 23 600, le cinéma chinois connaît une expansion fulgurante. Soutenu par la croissance rapide de la classe moyenne qui aime sortir le week -end dans les multiplexes des centres commerciaux, le marché occupe désormais le 2e rang mondial, derrière les Etats-Unis auxquels il pourrait d’ailleurs voler le leadership dès 2020 – les spécialistes estiment qu’à cette date, le nombre de spectateurs pourrait atteindre le chiffre de 1 milliard par an. Amorcée depuis 2010, l’explosion du cinéma chinois s’est largement confirmée ces deux dernières années avec une progression des entrées de + 27% en 2013 et de+ 36 % en 2014, totalisant 3, 94 milliards d’euros de recettes fin 2014.
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-> Longtemps squattée par les blockbusters américains, le cinéma chinois cultive désormais sa différence en produisant ses propres œuvres et en privilégiant la qualité à la quantité

En 2014, la Chine s’enorgueillissait d’une  production nationale de 618 nouveaux films. Un peu moins qu’en 2013 (638 films produits cette année là) mais Zhang Huijun, le président de la Beijing Film Academy, insiste sur la volonté de la Chine de porter ses efforts sur la qualité plutôt que sur la quantité des longs métrages financés dans le pays. Si 10 blockbusters américains figuraient toujours l’an dernier dans le top 20 des entrées, 10 productions chinoises s’y taillaient une belle part : En 2e position derrière «  Transformers : L’Age de l’extinction », «  Breakup Buddies », une comédie, réalisait 156 millions d’euros de recettes. En 19e position, «  My Old Classmate », une comédie romantique, en réalisait tout de même 60, 5 millions. Avec 36 films dépassant le seuil symbolique des 100 millions de yuans (13, 4 millions d’euros), les productions nationales représentant désormais 54,5 % des recettes du cinéma chinois.

 

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-> Une politique des quotas sévère

En limitant le nombre de films étrangers distribués sur son territoire, la Chine protège drastiquement son industrie cinématographique. Le quota actuel est de 34 films étrangers par an. En 2014, 9 long métrages français –ou coproductions françaises -sont toutefois sortis en salles : « Eyjafjallajokull », « Brick Mansions », « Grace de Monaco », « La Belle et la bête », « Le Promeneur d’oiseau », « Lucy », « Malavita », « Minuscule- La vallée des fourmis perdues » et « African Safari 3D ».

Dans le même temps, la Chine peine à exporter ses propres œuvres. Un temps pressenti pour représenter le pays aux Oscars, « Coming Home », de Zhang Yimou est l’un des rares longs métrages à avoir réalisé une carrière internationale. Et c’est « Le Promeneur d’oiseau », de Philippe Muyl, une coproduction sino-française, qui a représenté La Chine pour l’Oscar du meilleur film étranger.

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Les coproductions, un nouveau moyen de pénétrer le marché chinois

Depuis 2011, la France a compris l’intérêt de monter des films en coproduction avec la Chine. Sorti l’année suivante, « 11 Fleurs », de Wang Xioshuai , a marqué une étape. Mis en chantier dès 2009 à l’initiative de La société Beijing Forbidden City Co Ltd, puis repris par China Film Co Ltd, «Le Dernier Loup », de Jean-Jacques Annaud, est le premier exemple de coproduction entre la France et la Chine de cette ampleur.

 

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